Qu'est-ce que la Polyarthrite Rhumatoïde? La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire chronique. Elle entraîne une inflammation des articulations et peut également provoquer des lésions d'autres organes. Les articulations sont constituées par les extrémités des os, recouvertes de cartilage, et sont délimitées par une membrane synoviale. Cette membrane sécrète un liquide, le liquide synovial, servant entre autres à lubrifier l'articulation. En cas de polyarthrite rhumatoïde, la membrane synoviale s'épaissit et sécrète du liquide de façon anormale (synovite). Ce tissu synovial épaissi est appelé pannus. Dans les formes agressives de polyarthrite rhumatoïde, il détruit progressivement le cartilage et l'os. Les facteurs responsables de la polyarthrite rhumatoïde La polyarthrite rhumatoïde est une maladie dite «auto-immune». Pour une raison inconnue, le système immunitaire se dérègle et considère comme étrangers certains tissus normaux de l'organisme. Ainsi, il s'attaque aux articulations comme il s'attaquerait à un virus ou à une bactérie. Cette agression provoque l'inflammation des articulations. A l'heure actuelle, on ne sait pas pourquoi la maladie se déclenche. Plusieurs facteurs sont probablement responsables : des facteurs génétiques, hormonaux, environnementaux et psychologiques. 1. LES FACTEURS GENETIQUES DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE La polyarthrite rhumatoïde n'est pas une maladie héréditaire. En revanche, il existe des facteurs de prédisposition génétique à cette maladie. En effet, la présence de certains gènes codant pour des protéines du système HLA (Human Leucocyte Antigen), protéines que l'on trouve à la surface de globules blancs, semblent augmenter le risque de développer une polyarthrite rhumatoïde. La seule présence de ces facteurs génétiques ne suffit pas à déclencher la maladie. D'autres facteurs doivent coexister pour déclencher la maladie chez un individu (on parle de maladie multifactorielle). 2. LES FACTEURS HORMONAUX DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE Les hormones sexuelles pourraient jouer un rôle dans le déclenchement de la polyarthrite rhumatoïde. 3. LES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE Certains agents infectieux (bactéries, virus) pourraient, de façon indirecte, favoriser la survenue d'une polyarthrite rhumatoïde. 4. LES FACTEURS PSYCHOLOGIQUES DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE Un trouble psycho-affectif pourrait favoriser l'apparition de la maladie. 5. LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE : UNE MALADIE PLURIFACTORIELLE Quels sont les symptômes ? Comment est réalisé le diagnostic ? 1. COMMENT DEBUTE LA MALADIE ? - Chez la majorité des patients (55 à 70%), la maladie s'installe lentement sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Les premiers signes ne sont pas toujours évocateurs (fièvre, altération de l'état général), ce qui rend le diagnostic difficile. Symptômes les plus fréquemment décrits Sensation de malaise général Fatigue Gêne au cours des mouvements Faiblesse de la main et des doigts Gonflement des articulations, douloureux et bilatéral (droit et gauche) Raideur articulaire matinale Douleur articulaire pendant la nuit Manque d'appétit - Chez 8 à 15% des patients, la maladie apparaît brutalement. En quelques jours, le malade ressent des douleurs articulaires intenses. INCLUDEPICTURE "http://www.wyethbiotherapie.com/Images/PRcomment.jpg" \* MERGEFORMATINET 2. COMMENT EVOLUE LA MALADIE ? La polyarthrite rhumatoïde peut être plus ou moins sévère. Elle peut, dans de rares cas, guérir spontanément, mais le plus souvent elle entraîne une inflammation persistante des articulations (arthrites), responsable de douleurs articulaires. La polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées plus ou moins longues et d'intensité variable. La plupart des malades vivent normalement et n'évoluent pas vers une forme déformante. Cette évolution est imprévisible et il est difficile de savoir à l'avance si elle va devenir plus sévère. Dans sa forme la plus grave, la polyarthrite rhumatoïde peut provoquer une destruction du cartilage , de l'os ainsi que des lésions des ligaments et des tendons. La maladie peut entraîner des déformations au niveau des articulations et devenir très invalidante. 3. COMMENT LE MEDECIN FAIT-IL LE DIAGNOSTIC DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE ? Le médecin commence par vous demander les symptômes que vous ressentez ainsi que vos antécédents personnels et familiaux. Puis il procède à un examen physique, en particulier des articulations. Il vous demande de faire une prise de sang, afin de réaliser un bilan biologique. Lors de ce bilan, des signes d'inflammation générale sont souvent mis en évidence : augmentation de la vitesse de sédimentation (VS) et de la protéine C réactive (CRP) ; légère anémie (hémoglobine basse), présence du facteur rhumatoïde et d'autres anticorps. Cependant, votre bilan biologique peut être quasiment normal alors que vous êtes atteint de la polyarthrite rhumatoïde, surtout au début de la maladie. Le médecin peut également vous demander de faire des radiographies, notamment des mains et des pieds. Mais, les images radiologiques peuvent aussi être normales au début de la maladie. Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde repose donc sur l'association de plusieurs éléments : cliniques, biologiques et radiologiques. Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde Les cinq objectifs du traitement de la polyarthrite rhumatoïde: Soulager les douleurs Diminuer l'inflammation Ralentir l'apparition des lésions articulaires Préserver au mieux la fonction articulaire Améliorer la qualité de vie du patient Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde fait appel aux médicaments et aux mesures non-médicamenteuses. Il peut se décomposer ainsi : les traitements symptomatiques : Ils ont essentiellement pour objectif de diminuer la douleur et le handicap fonctionnel à court terme les traitements de fond : Ils ont pour objectif de stabiliser ou si possible réduire la maladie à moyen et long terme, de réduire les poussées inflammatoires et également pour certains d'agir sur les lésions articulaires. les traitements locaux : Lorsque vous n'avez qu'une ou deux articulations touchée(s), il peut être suffisant de « cibler » le traitement par une action uniquement locale. les traitements non-médicamenteux : Ils associent l'information au patient, la rééducation fonctionnelle, les orthèses, la chirurgie, etc, afin de restaurer au maximum votre capacité physique. Ils font partie intégrante d'un traitement optimal et ne sont pas à négliger. LES TRAITEMENTS SYMPTOMATIQUES Les antalgiques Les médicaments antalgiques soulagent la douleur mais n'ont pas d'effet sur l'inflammation et n'agissent pas sur l'évolution de la polyarthrite rhumatoïde. On distingue les antalgiques périphériques des antalgiques centraux. Les antalgiques périphériques agissent au niveau des nerfs périphériques venant de l'articulation, tandis que les antalgiques centraux (antalgiques morphiniques) s'opposent à la transmission des messages douloureux au cerveau. Dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde, on utilise principalement les antalgiques périphériques. Leur durée d'action n'excède pas 6 à 12 heures après la prise. Les AINS Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) agissent à la fois sur la douleur et sur l'inflammation. Mais ils n'agissent pas sur l'évolution de la maladie. La durée d'action des AINS est variable mais n'excède pas 12 à 24 heures. Les corticoïdes Les corticoïdes sont des formes synthétiques d'hormones naturellement produites par l'organisme : les stéroïdes sont sécrétés par les glandes surrénales. Les corticoïdes sont des anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS). Ils permettent de soulager rapidement la douleur et l'inflammation chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Ils peuvent être administrés par voie orale (comprimés), par voie injectable (générale ou intra-articulaire), ou encore être appliqués sur la peau (gel, crème). Votre médecin va chercher avec vous la dose minimale efficace de corticoïdes (c'est-à-dire la plus petite posologie qui améliore votre état). Attention : Il ne faut JAMAIS arrêter brutalement son traitement par corticoïdes. En effet, celui-ci freine la sécrétion des hormones naturelles. Son arrêt brutal peut ainsi provoquer un déficit de sécrétion de ces hormones stéroïdes naturelles. LES TRAITEMENTS DE FOND Les traitements de fond sont des traitements utilisés sur des périodes prolongées, plusieurs mois à plusieurs années, dans le but de freiner l'évolution de la polyarthrite rhumatoïde. Certains de ces traitements permettent de ralentir l'apparition des lésions destructrices articulaires observées sur les cas sévères. Le médecin choisit un traitement de fond en fonction de la gravité de votre polyarthrite rhumatoïde, de vos antécédents et des éventuelles contre-indications. Lorsque les poussées douloureuses sont soulagées, le traitement symptomatique peut être arrêté alors que le traitement de fond doit être poursuivi. Il ne faut donc pas arrêter son traitement de fond en se disant « Je n'ai plus mal ! ». Une nouvelle classe de médicaments, désignée par le terme biothérapies, ouvre de nouvelles voies dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et des rhumatismes inflammatoires en général. Les biothérapies agissent d'une manière très ciblée sur certaines molécules biologiques, en particulier celles du système immunitaire. Certaines agissent sur une molécule très spécifique : le TNF (Tumor Necrosis Factor ou facteur nécrosant des tumeurs). C'est une protéine du système immunitaire qui régule les fonctions de nombreuses cellules impliquées dans l'inflammation et la destruction des articulations. Normalement, la quantité de TNF dans les articulations est équilibrée, mais chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde on constate une élévation importante du TNF au niveau des articulations atteintes. D'autres biothérapies agissent sur une autre molécule du système immunitaire : l'interleukine 1. Celle-ci joue, comme le TNF, un rôle clé dans l'inflammation des polyarthrites rhumatoïdes. Ces traitements sont administrés par voie sous cutanée ou intraveineuse, selon le médicament. Associations thérapeutiques Ces traitements peuvent être prescrits en association avec d'autres traitements de fond. LES TRAITEMENTS LOCAUX Les infiltrations de corticoïdes Les infiltrations de corticoïdes sont utilisées pour réduire l'inflammation dans une articulation atteinte par la polyarthrite rhumatoïde : on injecte les corticoïdes directement au sein de l'articulation. L'infiltration entraîne un soulagement rapide et important, et de durée variable. En moyenne, il ne faut pas dépasser trois à quatre infiltrations par articulation. Remarque : il est important d'immobiliser l'articulation infiltrée dans les quelques heures qui suivent le geste, afin d'en maximiser l'efficacité. La synoviorthèse La synoviorthèse consiste à injecter dans l'articulation un produit agissant sur l'inflammation mais également sur la multiplication des cellules synoviales. Le produit injecté peut être une substance chimique ou radioactive. Remarque : il est important d'immobiliser l'articulation infiltrée dans les quelques heures qui suivent la synoviorthèse, afin d'en maximiser l'efficacité. La synovectomie La synovectomie consiste à enlever une partie ou la totalité de la membrane synoviale (pannus) de l'articulation. Ce geste peut être fait soit en ouvrant l'articulation (synovectomie chirurgicale), soit à l'aide d'un arthroscope, 'tube' permettant de voir à l'intérieur de l'articulation (synovectomie arthroscopique). Elle concerne essentiellement les articulations du genou et du poignet. Les traitements chirurgicaux La chirurgie peut être utile soit pour prévenir les lésions des articulations, c'est la synovectomie, soit pour réparer une lésion. La qualité du geste chirurgical est certes importante pour la réussite de l'opération, mais la rééducation post-chirurgicale joue aussi un rôle majeur. La prothèse articulaire La plupart des grosses articulations peuvent être remplacées par des prothèses, mais ce sont les prothèses de hanche et du genou qui donnent les meilleurs résultats. L'arthroplastie Chez certains patients, une articulation peut être reconstruite : on parle d'arthroplastie. Il s'agit essentiellement des articulations du poignet, du genou et des petites articulations de la main. Réparation des tendons La polyarthrite rhumatoïde entraîne parfois une rupture des tendons, généralement au niveau des doigts, du genou, et du tendon d'Achille. Ces ruptures peuvent se réparer chirurgicalement L'arthrodèse Si une articulation est détruite et douloureuse, et que la pose d'une prothèse est impossible, on peut la bloquer totalement (arthrodèse). LES TRAITEMENTS NON MEDICAMENTEUX La kinésithérapie La rééducation fonctionnelle peut compléter les traitements médicamenteux quel que soit le stade d'évolution de la maladie. Elle a pour but de : - préserver ou restaurer la mobilité des articulations - préserver ou augmenter la force musculaire Les exercices Les exercices sont variés et adaptés à chaque patient. De nombreux exercices aident à préserver les articulations. Ils peuvent être : actifs : règles d'hygiène posturale, exercices quotidiens de posture, rééducation des membres supérieurs (travail des cônes et des différentes prises pouce index) ou passifs : exercices de mobilisation pour lutter contre l'ankylose D'autres exercices aident à conserver la force musculaire et la souplesse des tendons. Le chaud et le froid L'utilisation du chaud et du froid permet de soulager les douleurs (on parle d'analgésie thermique). Le froid calme les douleurs lorsqu'il est appliqué sur une articulation très inflammatoire. A l'inverse, la chaleur doit être utilisée sur des articulations douloureuses mais peu enflammées. Les kinésithérapeutes utilisent entre autres des techniques à base d'ultrasons et de courants électriques. Il existe aussi des moyens simples pour appliquer du chaud ou du froid. Par exemple, pour la chaleur, prendre une douche ou un bain chaud, et pour le froid, appliquer une compresse froide ou un sac de glace sur l'articulation douloureuse. Il existe des thermo-compresses, disponibles en pharmacie. Ce sont des poches contenant un produit gélatineux. Il suffit pour les refroidir de les mettre au congélateur, et pour les réchauffer de les plonger dans l'eau chaude. Attention : toujours penser à mettre un linge entre la peau et la source de froid/chaud pour éviter les brûlures et autres lésions cutanées. L'ergothérapie L'ergothérapie permet d'apprendre aux malades comment effectuer au mieux les gestes de la vie quotidienne, en essayant de préserver les articulations fragiles. L'ergothérapeute donne des conseils pour: réaliser les bons gestes, au cours... des tâches ménagères des activités de loisirs des activités professionnelles pour aménager la maison pour l'utilisation d'accessoires (aides techniques) facilitant votre vie au quotidien pour le port d'attelles ou 'orthèses', qui maintiennent les articulations Les soins des ergothérapeutes sont toujours prescrits par un médecin. Les ergothérapeutes exercent dans les hôpitaux et dans les centres de rééducation. Les orthèses Les orthèses sont des appareils qui maintiennent ou immobilisent les articulations. Elles peuvent aider à réaliser des activités (orthèse de fonction) ou servir à reposer l'articulation (orthèse de repos). Elles permettent de réduire les douleurs et l'inflammation. Elles pourraient également limiter l'apparition des déformations. Les orthèses sont fabriquées soit dans des matériaux rigides, soit en tissu ou en cuir. Elles peuvent être confectionnées sur mesure. Elles doivent être confortables et bien adaptées. De nombreuses orthèses sont remboursées, au moins partiellement, par la Sécurité sociale. Prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde L'équipe médicale La prise en charge des malades atteints de polyarthrite rhumatoïde fait appel à de nombreux spécialistes : rhumatologues, infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, pharmaciens, psychologues, nutritionnistes. Le rhumatologue Le rhumatologue est le médecin spécialiste des rhumatismes et entre autres de la polyarthrite rhumatoïde. Si votre médecin généraliste suspecte un rhumatisme articulaire, il vous oriente vers un rhumatologue qui pose formellement le diagnostic et propose une stratégie thérapeutique. Celui-ci vous suit tout au long de la maladie, en liaison avec votre médecin généraliste. Le médecin généraliste Il est important que votre médecin généraliste connaisse votre maladie et votre traitement. Il coordonne votre suivi médical et assure le lien avec les autres spécialistes que vous consultez. L'infirmier L'infirmier peut vous aider à prendre votre traitement. L'infirmier joue un rôle d'information sur la maladie et sa prise en charge. Il peut répondre à vos questions sur vos traitements. Le kinésithérapeute Il vous aide à conserver la mobilité dont vous avez besoin dans la vie de tous les jours. Il vous propose un programme d'exercices sur mesure afin de renforcer vos muscles et de préserver la mobilité de vos articulations. L'ergothérapeute Il vous apprend à adapter vos mouvements de la vie quotidienne afin de préserver vos articulations fragiles. Il vous conseille sur l'aménagement de votre maison. Il peut vous confectionner des orthèses, qui maintiennent vos articulations atteintes par la polyarthrite rhumatoïde. Le pharmacien Il dispense le traitement qui vous est prescrit et vous l'explique. Le pharmacien peut expliquer le mécanisme d'action des médicaments, leurs effets indésirables et leurs interactions. Le psychologue La polyarthrite rhumatoïde est une maladie douloureuse, qui a un fort retentissement sur la qualité de vie des malades. Elle peut générer des périodes de stress, d'angoisse, de déprime. Le psychologue peut vous aider à surmonter ces moments difficiles. Il peut vous proposer des techniques de relaxation afin de mieux gérer votre douleur et votre stress. Le nutritionniste L'alimentation est particulièrement importante chez les personnes atteintes de PR. Un excès de poids est néfaste pour les articulations fragilisées. Le nutritionniste vous donnera des conseils pour adapter votre alimentation, en particulier lors de la prise de certains médicaments comme les corticoïdes.